78. ENCYCLOPÉDIE : CLOWNS
Il semble que de tout temps la fonction d’amuseur public ait existé.
« Momos » est dans la mythologie grecque le bouffon des dieux de l’Olympe. La première trace écrite signalant l’existence d’un « bouffon » est attribuée à l’historien grec Priscus. Il informe qu’Attila avait à son service un individu chargé de distraire les convives lors de ses banquets.
On retrouve bien plus tard dans la comptabilité des rois de France un budget « Bouffonnerie ».
Parmi les bouffons français célèbres citons :
Triboulet. Le bouffon officiel de la cour sous Louis XII et François 1er.
Brusquet. Un médecin tellement maladroit qu’il entraîna le décès de beaucoup de ses patients.
Condamné à mort, il fut gracié par Henri II qui le prit à son service pour le faire rire. Soupçonné de s’être converti au protestantisme, il fut battu et forcé de fuir.
Nicolas Joubert. Le bouffon de Henri IV. Il se faisait appeler le « Prince des sots ».
L’Angely. Un valet d’écurie du prince de Condé. Louis XIII, dès qu’il le vit en action dans les soupers, le trouva tellement comique qu’il l’exigea à son service personnel. L’Angely n’épargnait personne par ses moqueries. Les nobles préféraient donc lui donner de l’argent plutôt que de subir ses railleries. L’Angely mourut très riche. En Angleterre, Archibald Armstrong était le fou du roi Jacques 1er. Il se fit appeler « Archy » et après la mort de son maître, se mit au service de l’archevêque de Canterbury qu’il finira par détester au point de publier un pamphlet contre lui.
Le mot clown apparut en parallèle. Il venait de l’anglais Clod qui désignait un maladroit.
Il semble que les premiers clowns soient apparus au Moyen Âge dans les cirques équestres, quand les propriétaires des chapiteaux se sont aperçus que le public commençait à devenir blasé. L’un de ces propriétaires eut alors l’idée d’engager un paysan qui ne savait pas monter à cheval et qui tombait tout le temps, pour mettre en valeur par contraste le talent des écuyers du cirque. L’idée plut et fut reprise par les autres cirques. Les clowns étaient en général des gens pauvres et alcooliques et c’est de là qu’est apparue la tradition du nez rouge.
Le couplage du clown blanc (chapeau pointu, paillettes et maquillage blanc) et de l’Auguste (clochard aux vêtements trop grands) apparaîtra ensuite. Le clown blanc est le sérieux, l’Auguste est son faire-valoir. On ne rit jamais du clown blanc, on rit de l’Auguste parce qu’il essaye d’imiter les attitudes de son collègue sans jamais y parvenir et en provoquant des catastrophes. On retrouve ce couplage sous forme de dualité divine chez les Indiens Navajos du Nouveau-Mexique et les Indiens Zunis. Chez eux le personnage jouant le rôle de l’Auguste est le plus important et le plus puissant de leur panthéon. À noter : en alchimie le « Fou » est le symbole qui représente le dissolvant dont l’action de décomposition chimique permet l’œuvre au noir.
Edmond Wells,
Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu, Tome VI.